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Minéraliser en début de lactation

Article technique de Olivier Belot, chef de vente vaches laitières suisse romande

Pour l’avenir de la laitière, il est crucial de couvrir les besoins en minéraux durant le démarrage.

Une multipare et une primipare n’ont pas la même capacité d’ingestion en début de lactation. La phase de démarrage est rallongée de trente jours chez la primipare pour se situer à nonante jours. Calculer et surtout couvrir les besoins en minéraux durant cette phase est crucial pour l’avenir de la laitière.
On équilibre la ration totale avec un aliment minéral adapté, en tenant compte des fourrages composant la ration de base, des aliments complémentaires et du système d’alimentation.

Digestibilité des macroéléments

Pour ce faire, il faut calculer, à l’aide d’un plan d’alimentation détaillé, la digestibilité totale des macroéléments de la ration. En effet, on ne travaille plus sur des critères bruts, mais sur les coefficients d’absorption. Toutes les sources composant la ration n’ont pas les mêmes teneurs minérales. Par exemple, un regain n’a pas les mêmes teneurs en phosphore qu’un ensilage de maïs.
Selon Patrick Schlegel, d’Agroscope à Posieux, la digestibilité du calcium, en fonction de la composition de la ration, se situe entre 35 et 45%. Celle du phosphore varie aux alentours de 70%. Pour le magnésium, elle est de 28% et on adopte une régression linéaire en fonction de la teneur en potassium de la ration. Il faut également tenir compte de la quantité de phosphore disponible pour les microorganismes du rumen. Seul, le phosphore peut représenter plus du double du besoin de l’animal. Pour couvrir ce besoin, l’animal recycle par la salive. Un apport en phosphore insuffisant aux microorganismes affecte en premier lieu les bactéries cellulolytiques, ce qui provoque une baisse de la dégradation des fibres alimentaires et entraîne une baisse de l’ingestion. On veillera donc aux rations susceptibles de perturber la rumination.
Les apports doivent, bien entendu, être calculés en fonction de la production laitière de l’animal.

Principaux objectifs

Une vache, qu’elle reçoive du minéral ou pas, mobilise toujours la même quantité de Ca, P, Mg, Na et K par kilo de lait produit. Si on ne couvre pas ses besoins, elle puisera dans ses réserves corporelles, jus qu’à épuisement. La minéralisation durant la lactation prend donc tout son sens.
La reproduction n’est pas une priorité absolue pour la vache, mais elle l’est pour l’éleveur. Il faut donc tout mettre en oeuvre pour que tous les besoins (production, entretien, croissance) soient couverts, surtout en début de lactation.
Les macros et oligoéléments interagissent sur la reproduction. Du fonctionnement des organes sexuels, des chaleurs discrètes à des anomalies du cycle et des avortements, ils sont tous concernés.
Tous ces éléments n’ont pas la même digestibilité, donc pas la même disponibilité. Il est également important d’avoir correctement minéralisé la vache au tarissement, car c’est à ce moment-là qu’elle reconstitue ses réserves.
Les besoins totaux en vitamine A (de synthèse et en provitamine A naturelle ou B-Carotène) sont 50% plus élevés en phase de démarrage qu’en phase de production. Cette vitamine intervient conjointement dans l’immunité, la reproduction et la croissance (primipares!). Il est important de connaître la source d’apport de la vitamine A et pas seulement les quantités affouragées. Elle devra être ruminoprotégée pour passer entièrement la barrière du rumen et pour atteindre son site d’absorption qu’est l’intestin, où elle sera totalement utile à la vache.
Pour obtenir une bonne longévité, il faut éviter les troubles métaboliques. Les aliments minéraux ont différents effets essentiels sur le maintien du système immunitaire. La vitamine E, conjointement avec le sélénium, permet de stimuler l’immunité grâce à son effet antioxydant. En cas d’attaques pathogènes, l’animal devra pouvoir les mobiliser. L’utilisation de sélénium organique est recommandée, car il est disponible pour la vache et pour son veau.
On peut également, sur les fortes productrices, apporter des nutriments spécifiques tels qu’acides aminés, vitamines du groupe B, levures, biotine, niacine, etc. On associera ces éléments pour renforcer à la fois la santé hépatique et l’immunité de l’animal, pour obtenir une meilleure efficacité ruménale, une productivité et une fécondité optimales.

Mode de distribution

La minéralisation doit s’adapter au mode d’affouragement. En ration mélangée totale, on prendra en compte la différence d’ingestion entre primipares, multipares, début et fin de lactation. De ce fait, on équilibrera la ration sur les niveaux de besoins supérieurs.

Pour les animaux au DAC ou à la crèche, les quantités d‘aliments minéraux seront distribuées en fonction des besoins individuels. On tiendra compte évidemment de la production globale du troupeau et du but d’élevage.

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