melior AG

Les boiteries sont des pathologies multifactorielles et douloureuses

Article technique de Chantal Grünenfelder, Service technique Suisse Romande

Les boiteries constituent la troisième cause de réforme des vaches après les troubles de fécondité et les mammites. Elles ont un impact économique considérable et de nombreuses conséquences.

Les boiteries ont des conséquences importantes sur le bétail. Comme les vaches ont de fortes douleurs, elles manquent d’appétit, ingèrent moins, perdent du poids et ont donc une production laitière réduite. Dans le même temps, leur système immunitaire s’affaiblit et de ce fait, les vaches ont une plus grande probabilité d’être atteintes par des mammites et des métrites. Des conséquences sur la fécondité, comme une diminution de l’expression des chaleurs, sont à mentionner. A ceci s’ajoute encore le temps de travail pour effectuer les soins, les frais vétérinaires et les réformes anticipées.

Mesures de prévention Différentes mesures permettent de prévenir l’apparition des boiteries. La ration distribuée doit être de qualité et équilibrée. Les troubles métaboliques comme l’acétonémie et l’acidose sont à éviter car l’alimentation influence la qualité de la corne. L’aire de repos doit être propre, sèche et comporter suffisamment de litières. Les dimensions des logettes et la barre de nuque doivent être adaptées au gabarit des animaux; leur nombre doit être suffisant. Ces points sont importants pour optimiser le temps de repos. Les sols doivent être propres et l’humidité doit être contrôlée afin de maintenir les pieds des vaches propres et secs. Les sols glissants sont à bannir car ils empêchent les animaux de se déplacer en toute sécurité. Les sols comportant des trous sont souvent la cause de blessures d’onglons, de même que les culs-de-sac et les marches trop hautes. Les chemins d’accès aux pâturages sont aussi une zone à risque. Il serait judicieux d’éviter les sols boueux et caillouteux. Il est recommandé de parer les onglons 1 à 2 fois par année, en pratiquant le parage «fonctionnel». Les bains de pieds sont aussi une mesure pour prévenir certaines pathologies, comme la Mortellaro. La génétique influence également la prévalence des boiteries; cet aspect peut être pris en compte dans le renouvellement du troupeau.

Boiteries
Focus sur quelques atteintes aux onglons
• Les panaris
Les panaris se forment lorsque l’humidité des sols est importante. Lors de la pâture par exemple, les zones autour des abreuvoirs sont des endroits à risque. Il faut éviter les surfaces rugueuses et les cailloux. La minéralisation est un point clé dans la prévention des boiteries: il faut veiller aux apports de vitamine A et de zinc.
• Fourbure
Les fourbures apparaissent lorsque les animaux sont en acidose et lorsque la transition alimentaire est trop brusque. Les vaches ayant été atteintes par la fièvre du lait, les métrites et les mammites aiguës sont plus sujettes à cette pathologie. Le manque de confort et le parage inadéquat augmentent le risque de fourbure.
• Mortellaro
Mortellaro est une maladie qui a pris de l’ampleur ces dernières années. L’hygiène dans l’étable est primordiale pour la gestion de la maladie. Les bains de pieds permettent de réduire la propagation de la maladie. L’apport en oligoéléments organiques, notamment en zinc, cuivre et en vitamine A et vitamine E est essentiel pour renforcer la corne et le système immunitaire. L’affouragement de minéraux, de vitamines et d’oligoéléments ne devrait pas être interrompu durant la vie de l’animal. Le parage des onglons est également fondamental afin de maintenir une bonne constitution des onglons. Attention à bien désinfecter les outils après chaque animal.